samedi 3 mars 2007

L'objectif de porter du fruit

Comme il est aisé de le comprendre avec l’image de l’arbre, la conquête de l’amour part des racines de notre coeur et se poursuit dans notre âme, notre pensée et notre force. Cet enchaînement n’est pas un absolu, mais il nous permet de mettre les bonnes priorités en ne cherchant pas, par exemple, à résoudre un problème dans l’âme si, spirituellement, c’est le coeur qui est malade.

Cette action serait comme une teinture de bronzage sur une jaunisse. Malgré la disparition du symptôme, le foie n’en serait pas pour autant guéri. Ainsi bien des personnes restent emprisonnées dans leur handicap, et ceci, malgré tous les efforts, les conseils et les apparences de guérisons obtenues.

Pour progresser avec Dieu, il est souhaitable de traiter les endroits où des obstacles à l’amour de Dieu se manifestent. Par exemple, des symptômes de haine et de violence peuvent avoir plusieurs origines. C’est pourquoi il est important de permettre au Saint-Esprit de révéler (directement ou par la Bible) le nid dans lequel se cache un problème.

Dans ce processus de restauration, nos motivations jouent un rôle crucial. Souvent la recherche de guérisons intérieures est motivée par l’espoir que Dieu nous débarrassera des problèmes trop gênants qui nous habitent: tristesse, accablement, timidité, craintes, mauvaises pensées, colère, violences, obsessions, dérèglements, boulimie, etc. Ainsi, par exemple, à la demande suivante...
«Mes accès de colère me dévaluent aux yeux des autres et je voudrais paraître sans cette faiblesse.»

Il faudrait mieux choisir cette attitude:

«Ma colère limite l’oeuvre de Dieu dans ma vie; je désire en être libéré.»

Même si Dieu, dans sa bonté, agit malgré nos motivations égocentriques, le désir d’aimer et de servir Dieu et son prochain est une base nettement plus favorable à son intervention.


Reference: "Comment bien Gérer son Capital de Vie", Jacques-Daniel Rochat

mercredi 28 février 2007

Aimer...

La signification du verbe aimer est variable d’une personne à l’autre. Sous le mot «aimer» on peut cacher des comportements ou des attitudes fausses tout en s’illusionnant et en croyant que c’est de l’amour.


En conséquence, avant de vouloir aimer davantage, il s’agit de chercher à bien aimer.

Pour cela, il nous faut prendre de la distance avec notre propre vision de l’amour afin de recevoir la vraie image de l'amour, celle qui vient de Dieu.

Pour accomplir la volonté divine, l'amour de Dieu doit traverser toutes les strates de notre vie et déborder sur les autres. Cette condition est difficile, car il faut faire triompher l’amour dans chacune des dimensions de notre vie. Souvent nous ne sommes pas conscients de n’aimer qu’en partie, par notre pensée mais sans notre âme, par notre coeur mais sans notre force, etc. Tant que l’ensemble de notre vie n’entre pas dans le projet divin, la dynamique de l’amour est limitée par les tensions et contradictions de notre être.
Reference: "Comment bien Gérer son Capital de Vie", Jacques-Daniel Rochat

vendredi 16 février 2007

L’homme: un étrange édifice

Vivre, quelle chose étrange! Si vous lisez ces lignes, c’est que, comme moi, vous êtes engagé
dans l’aventure mystérieuse et complexe de la vie.

De notre existence, nous ne percevons qu’une infime partie. Par exemple, lorsque nous bougeons nos doigts, nous n’avons ni conscience des subtils mécanismes en jeu, ni des processus qui ordonnent notre volonté: aussi ignorons-nous tout des combats immunitaires, des réactions chimiques et des multiplications biologiques qui, sans cesse, régissent les fonctions de notre corps. Pourtant, malgré notre profonde ignorance de ces processus, nous sommes bien le conducteur du complexe édifice de nos 40.000 milliards de cellules... Premier vertige!
Et, quand par une nuit étoilée, nous cherchons à comprendre notre place dans l’univers, les dimensions colossales de l’espace nous répondent avec de majestueux abîmes insondables. Le «minus» qui cherche à compter n’est pas prêt de comprendre la grandeur de notre environnement intergalactique.

Par exemple, la lumière si rapide met une seconde pour faire le trajet de la lune à la terre, environ huit minutes à venir du soleil, environ quatre ans depuis la première étoile et 2,5 millions d’années depuis les galaxies les plus proches. Cela dans un univers constitué de milliards de galaxies...

Heureusement, pour ne pas faire constamment disjoncter l’esprit humain, la nature a le bon goût de masquer le gouffre de ses distances infinies pendant le jour. Quand on sait, et il suffit de le calculer, que dans un trou cubique d’un kilomètre de côté, on met largement tout le volume de l’humanité... on mesure notre petitesse.
Alors que nous reste-t-il? Heureusement, l’être humain peut se réconforter en contemplant son entourage, oui, (ouf!) il y a encore plus petit que nous! Pour une fois les insectes, si énervants à d’autres occasions, nous semblent sympathiques, ils sont si insignifiants (les pauvres). Cela permet à l’homme de sauver la face et de s’installer dans une quiétude bien méritée. Pour trouver sa place, il suffit de ne pas regarder trop haut et d’ignorer soigneusement les espaces gloutons en chiffres.


Les conquêtes et la maîtrise que l’homme étend sur la planète Terre sont largement suffisantes pour donner à l’homme le sentiment d’exister.

Mais là encore, si vous pensez avoir résolu la question de votre vie en vous situant dans la longue histoire de l’humanité conquérante, vous n’êtes pas à l’abri d’autres troublantes questions. Car, dans le dédale des espèces vivantes, l’homme n’est pas le plus perfectionné!

Eh oui, aussi dérangeant que cela puisse être, l’homme a tout à envier aux fantastiques capacités techniques qui équipent les autres espèces (dont les insectes!) Pour le prouver, il suffirait d’ouvrir les Jeux olympiques aux espèces animales. Certes, la proximité des lions, de même que l’haleine des tigres et des guépards donneraient une certaine fougue aux athlètes de marathon, mais ce dopage émotionnel n’empêcherait nullement les fauves d’attendre tranquillement les coureurs à la ligne d’arrivée... la bouche grande ouverte.

Pour ne pas heurter la sensibilité d’autres sportifs, nous ne mettrons pas trop l’accent sur les capacités que certains poissons pourraient démontrer dans une piscine réglementaire, ou celles d’autres espèces animales dans des concours de sauts ou d'agilité... Avouez qu’il est difficile de ne pas sourire des performances des haltérophiles en découvrant qu’avec humour (ou pour susciter l’humilité) le créateur a ingénument créé une espèce animale qui arrache et soulève des troncs avec le... nez!

Non, l’homme n’est pas le plus fort et, pour s’en convaincre, il suffit de songer à la longueur de nos dents et à l’inefficacité de nos ongles. Sans fourrure pour affronter les écarts de température, sans ailes pour fuir les dangers, sans carapace, sans camouflage et sans poison, l’homme est un démuni (souvent complexé) qui a bien de la peine à accepter son affligeante pauvreté.

En prenant la mesure de lui-même, l’homme avisé devrait porter quelques étiquettes le rappelant à l’humilité: fragile – denrée périssable – évitez les coups, et face au temps qui passe: date limite.


Reference: "Comment bien Gérer son Capital de Vie", Jacques-Daniel Rochat

samedi 3 février 2007

L’homme et la femme sont-ils semblables?

On a souvent prétendu que les différences entre l'homme et la femme se limitaient aux seules exigences de la polarité sexuelle nécessaire à la reproduction. En réalité, des études sur la forme du cerveau, l'action des hormones et les comportements ont déterminé que, déjà avant la naissance, le cerveau du garçon et de la fille sont différents. Cette diversité dans la construction et l'utilisation interne du cerveau ne concerne pas les capacités intellectuelles et de raisonnement, mais la façon de raisonner le monde extérieur.

Les femmes, par exemple, présentent de remarquables facultés dans les tests où la rapidité de perception et les associations d'éléments sont demandés (par exemple dans la gestion du langage).

De leur côté, les hommes ont plus de facilité à s'orienter et percevoir les dimensions de l'espace (comme dans les mathématiques).




Ces différences se retrouvent aussi dans la manière dont les deux sexes gèrent leur existence. Si la pensée de l'homme évolue facilement dans le monde de l'abstrait et les concepts, les femmes ont de leur côté une pensée plus facilement touchée par les valeurs émotionnelles et affectives.


Ces observations nous conduisent à proposer l'hypothèse selon laquelle les diversités psychologiques entre l'homme et la femme partent des différences de proportion entre l'âme et la pensée.


  • Pour la femme, la partie émotionnelle inconsciente est plus développée, d'où des capacités supérieures dans le monde des relations, de l'affectivité et de l'intuition. Ce précieux développement de son être intérieur se vérifie par le fait que la femme vit et communique intensément les états de son âme. Dans certaines situations, elle aura beaucoup de peine à séparer ses émotions de sa pensée, celles-ci pouvant facilement troubler la logique de son raisonnement.
  • Chez l'homme, le monde des pensées est architecturé en plusieurs sphères de raisonnement distinctes. Ces lieux de raisonnement sont pratiquement autonomes de l'état affectif et émotionnel. Cette spécificité de l'homme lui donne l'occasion de développer et d'agencer des concepts abstraits. Revers de la médaille, l'autonomie de ses pensées conduit l'homme à échafauder des raisonnements pas toujours connectés à une mise en pratique relationnelle et affective.

Reference: "Comment bien Gérer son Capital de Vie", Jacques-Daniel Rochat

mardi 30 janvier 2007

Consécration

Très souvent, nous pensons que le service pour Dieu dépend de notre propre volonté. Cela n'est qu'à moitié vrai. Servir Dieu est un privilège et un combat dont la victoire se trouve dans la communion avec lui. La relation " cœur à cœur " que nous tissons avec Dieu nous permet de s’imprégner de ses désirs et de ses projets. D’autres part, cette relation est aussi une force qui nous permet de tenir bon dans les inévitables combats et adversités que nous rencontrons.

Le groupe de prière peut être un lieu merveilleux pour découvrir comment nous sommes appelé à mettre notre vie à son service. La prière de consécration, qui consiste à demander avec passion que la volonté divine s'accomplisse au travers de notre vie, est la clé qui ouvre la porte de notre vocation.

Ainsi, pour être serviteur, nous pouvons ensemble:

  • Demander au Seigneur qu'il nous libère des emprises qui nous maintiennent dans l'esprit de ce monde et qui nous cachent le Royaume de Dieu.
  • Demander au Père qu'il nous remplisse de son amour et de sa force afin que nous n'allions pas vers les autres pour accomplir simplement de "bonnes actions", mais réellement pour les aimer.
  • Demander au Maître qu'il ouvre un espace de service, et qu'il conduise les circonstances de nos vies afin que nous ayons la force de devenir des ouvriers dans sa moisson.
  • Face à la vanité et à la superficialité de ce monde qui passe travailler pour des choses éternelles c'est la plus belle manière de réussir sa vie.

Reference: "Comment bien Gérer son Capital de Vie", Jacques-Daniel Rochat.

mardi 23 janvier 2007

Une vision éternelle

Dans Matthieu 25 Jésus raconte la parabole dans laquelle un homme distribue son capital (des talents) à ses serviteurs. À son retour de voyage il examine comment ces personnes ont exploité ce qui leur était confié. Ceux qui ont fait fructifier le capital sont récompensés alors que celui qui n'en a rien fait est jeté dans les ténèbres.

Ensuite, l'histoire continue et nous fait découvrir ce qui se passera lorsque Jésus jugera les nations;
" Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite: Venez, vous qui êtes bénis de mon Père; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli; j'étais nu, et vous m'avez vêtu; j'étais malade, et vous m'avez rendu visite; j'étais en prison, et vous êtes venus vers moi" Matthieu 25:34-36.

L'enchaînement de ces deux histoires n'est pas fortuit. Jésus nous donne une claire indication sur le sens à donner à notre vie. Faire fructifier son talent c'est utiliser sa vie pour accomplir des gestes d'amour inspirés.

Car l'amour est la seule valeur capable de traverser la mort et de perdurer dans le Royaume de Dieu. Ainsi la voie royale de la sagesse est d'utiliser le capital de sa vie pour aimer Dieu et les autres.

Certes, en Jésus-Christ, nous sommes sauvés par la grâce. Néanmoins le sens de ce cadeau est aussi de nous amener à accomplir la volonté de Dieu lors de notre passage sur la terre. Sans amour et sans justice véritables, les actions de notre vie chrétienne pourraient bien n'être que de la paille.

" Si l'œuvre de quelqu'un est consumée, il perdra sa récompense; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu" 1 Corinthiens 3: 15.

Alors, qui veut être réellement riche? Qu'il exploite ses biens, son temps et ses capacités en accomplissant les œuvres d'amour et de justice que Dieu a préparée d'avance pour qu'elles soient accomplies.

Oeuvres qui consistent à donner, rassasier, recueillir, vêtir, soigner, visiter, aller...

Ainsi, aimer et faire grandir les enfants dans l'amour, prendre soins des personnes nécessiteuses, accueillir les malheureux, enseigner la justice, prier, bénir, réconforter, travailler, organiser, servir avec joie... Toutes ces choses peuvent être une manière juste de mettre son capital de vie au service de Dieu.

Dans ce sens, il est nécessaire que chacun de nous puisse trouver sa vocation personnelle et l'accomplir.



Reference: "Comment Gérer son Capital de Vie", Jacques-Daniel Rochat.

mercredi 17 janvier 2007

Comment gérer?

Dans cette optique, il est important de s'interroger sur notre manière de briller sur la terre.

Quelle est la flamme qui nous habite?
Pour quels buts brillons-nous?

Ces questions sont essentielles car notre façon d'exploiter notre vie est un indiscret révélateur de ce qui nous habite. Nous pouvons nous gargariser de belles paroles, soigner notre théologie, et faire de belles prières devant les hommes... mais tout cela est subjectif et peut même nous faire vivre dans l'illusion que nous sommes agréables à Dieu.

Face au temps qui passe l'attitude habituelle de l'homme est de chercher à retenir le plus longtemps possible les ressources de son capital. Certains amassent de grandes richesses, multiplient les sécurités à outrance - cherchent à réaliser des œuvres impressionnantes, inscrire leur nom dans l'Histoire - d'autres cherchent leur confort, à faire reculer les marques de la vieillesse, s'illusionnent sur leur mort... Enfin, les pires n'hésitent pas à dominer leurs semblables, à les exploiter, à les voler ou les tuer pour se saisir de leur capital.

Mais toutes ces façons de vivre n'ont aucun avenir, elles sont vaines, stupides et diaboliques, car elles ignorent délibérément la volonté de celui qui nous a donné le mandat d'être vivant.

" Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera " Luc 9: 24.

Pour bien gérer notre capital de vie, le premier pas consiste à découvrir que les capacités de notre vie, sont une infime partie de la richesse que Dieu tient dans sa main.

La vraie sagesse consiste donc à "placer" le capital de ma vie fragile dans le Royaume solide et éternel de Dieu.

" Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur" Matthieu 6.19-21.

Mais comment cela est-il possible?
Comment concrètement se faire un trésor dans le ciel, alors que tout sur la terre est poussière et vanité?


Reference: "Comment bien Gérer son Capital de Vie", Jacques-Daniel Rochat